25 mars 2017

Il y a ces gestes que l’on fait à demi consciemment, telle parfois l’ouverture d’un livre ou quelque autre mouvement à peine choisi, et qui produisent des découvertes, des coïncidences heureuses. Est-ce ce que l’on appelle de la sérendipité ? Le hasard, oui, mais un hasard inspiré et non simplement mathématique.

     Le matérialisme physique ne peut reconnaître le hasard inspiré, ce serait contraire à son intime conviction. Mais si l’on découvre que ce matérialisme est rationnellement indéfendable parce qu’il ignore le principe de causalité dans le mouvement général du cosmos, de la physique, de la chimie, de la biologie, on peut cesser d’y croire aveuglément et passer outre à son négationnisme, à son refus du psychisme inhérent à toute matière.

     Peut-être les hasards merveilleux de l’existence quotidienne où l’on se sent guidé, protégé parfois, peuvent-ils ranimer en nous la vieille croyance aux esprits, aux anges gardiens, aux ancêtres veillant sur leur descendance. Même si l’on ne parvient pas à une certitude scientifique, physique, et cela se comprend en stricte logique, on peut s’ouvrir comme par intuition à cette présence active, la reconnaître, y mettre sa complaisance et s’en réjouir de la joie en l’autre.

     Cette présence participe de la présence de l’Éternel « dans le secret » (Matthieu 6, 4), dans l’intimité inaccessible de l’Éternel Amour présent à toutes choses. (Noter que cette présence partout et nulle part est mentionnée tout à côté du « Notre Père qui êtes aux cieux », expression mashal de l’Amour Éternel dans le non-espace.

 

Et si et quand les particules

communiquant au non-espace

narguant les points et les virgules

nous livraient quelques autres faces

de ce monde où tout s’articule ?

 

Et puis sur quelle porte s’ouvre

dans l’inconnu qui nous échappe

où les ancêtres se découvrent

avec ceux que l’on appelle anges

cet univers que rien ne prouve

 

mais que les peuples de la terre

depuis des temps où la mémoire

dans la nuit du passé se perd

connaissent sans nos écritoires

dans leur endroit et leur envers ?

 

dans le silence du silence

peut-être pouvons-nous apprendre

à connaître ce dont nos sens

ordinaires cherchant à prendre

ne peuvent saisir que l’absence.

 

Loin des musiques des images

dont la foule nous presse et tue

pouvons-nous tenter sans courage

et patience l’esprit têtu

la rencontre de tous les âges ?

 

Cette présence reconnue

des particules qui échappent

au visage et rejoignent nues

des sœurs aussitôt qui les happent

ouvre une porte à l’inconnu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

24 mars 2017

Dans l’Amour-Agapè, le rapport de l’universalité avec l’identité est équivalemment le rapport de l’égalité avec la différence.

      Le « ni Juif, ni Grec, ni homme ni femme » de Paul (Galates 3, 28) insiste sur l’égalité, à juste titre dans nos sociétés culturellement et sexuellement inégalitaires. Il invite au respect et à la considération mutuelle de toute les personnes humaines. Paul cependant fait par ailleurs, dans son mashal du corps, la promotion de la diversité nécessaire des rôles autant que de leur unité dans l’Amour : « un corps a de nombreux membres, mais mêmes si ces membres sont nombreux, ils forment un seul corps. Ainsi en est-il du Christ… » Et il poursuit en parlant de pied, de main, d’oreille, d’œil, de nez, qui ont tous besoin les uns des autres dans le corps. Et puis, si certains de ces « membres » paraissent « moins honorables », il reçoivent « davantage d’honneur… » (I Corinthiens 12, 12-31). Ainsi les derniers sont les premiers, les moins biens lotis selon la chair sont les mieux respectés et chéris selon l’esprit.

     Paul passe ensuite du mashal de la réalité physique à une application à l’Église avec ses apôtres, ses prophètes, ses catéchistes, ses thaumaturges, ses aides, ses administrateurs, ses interprètes… On peut sans doute établir une hiérarchie parmi ces « membres », mais l’essentiel est évidemment l’Amour, qui donne égale valeur à tous dans l’indifférence de leur rôle. Il faut relire le chapitre 13 avec l’enthousiasme de Paul et insister sur cette affirmation centrale : « si je n’ai pas l’Amour, je ne suis rien  (13, 2).

     Le secret de cette égalité dans la différence ? « Vous avez tous bu le même et unique Esprit » (12, 13). L’Esprit de l’Amour.

     Égalité des sexes ? Oui. Différence des sexes ? Oui. Même si les choses sont complexes, même si la féminité est l’anima des hommes et la masculinité est l’animus des femmes, comme le dit C.G. Jung… Toutes et tous cependant sont appelés à donner à toutes et à tous les autres la reconnaissance de l’égalité et de la dignité dans la liberté et la fraternité comme y invite l’idéal des Droits Humains.

 

la nuit offre au soleil levant

un tapis de topazes et de diamants

et quelques émeraudes

ici et là qui rôdent

dans l’espoir qu’un œil ravi s’immobilisera

et puis se déplaçant métamorphosera

en cet éclat fugace

où sait chanter leur race

 

c’était hier et ce sera demain

et pourtant aujourd’hui passe la main

de la métamorphose

comme de toute chose

mais si imperceptiblement

qu’il faut le regard de l’amant

pour en avoir reconnaissance

et en faire sa complaisance

 

l’amant cependant qui y pense

et recherche l’ultime sens

se demande à y naître

si l’infini de l’être

ne serait pas partout l’ultime cause

et l’œil sur la multitude des choses

au-dedans des diamants

dans le soleil levant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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