18 mai 2019

     Certains prétendent qu’on ne peut croire sans douter, que la foi religieuse est fatalement incertaine. Mais ce sont souvent les mêmes qui font totalement confiance à la science, qui croient en la science sans éprouver le moindre doute.

 

      On connaît cependant des croyants, surtout parmi les fondamentalistes, qui ne ressentent aucun doute religieux, et qui, réciproquement, mettent en doute certaines « vérités » scientifiques telles que l’Évolution.

     Vérité religieuse ou vérité scientifique ? Pour certaines consciences, il faut choisir, douter de la foi ou douter de la science, alors que d’autres s’efforcent de concilier leur foi et leur science.

     On peut constater, historiquement et jusqu’à présent, que la foi sans le doute est presque nécessairement intolérante, soit qu’elle cherche à convertir les incroyants, soit même qu’elle cherche à les supprimer : « Convertis-toi ou meurs! »

     Quid des vérités philosophiques ? On sait qu’elles sont en conflit depuis que la philosophie existe, au point que le sage Montaigne en a été réduit à se dire, « que sais-je ? »

     Quid des vérités scientifiques ? Le même Montaigne connaissait les découvertes, encore relativement récentes, de Copernic. Mais il n’était pas du tout sûr qu’il faille abandonner l’astronomie de Ptolémée. En 1583,  alors que Montaigne était âgé de cinquante ans, Tycho Brahé tenait encore que la terre était immobile et que la lune, le soleil et les étoiles fixes (pour les différentier des planètes) tournaient autour d’elle.

     Alors ? Vérité scientifique en-deçà de Copernic, erreur au-delà ? Dans le domaine du temps et de l’espace, faudrait-il dire vérité en deçà d’Einstein, erreur au-delà ? …

     Si Montaigne penchait pour l’héliocentrisme copernicien plutôt que pour le géocentrisme de Ptolémée, c’était pour des raisons philosophiques plutôt que scientifiques, c’était parce que leur divergence s’accordait dans son esprit à celle qu’il avait repérée dans les divers systèmes philosophiques qu’il avait étudiés. Il se sentait dubitatif devant cette divergence scientifique et enclin à répéter son « que sais-je » philosophique. Il renvoyait quasiment dos à dos les deux « vérités » astronomiques de son époque en les considérant comme provisoires :

     « … Copernic a si bien fondé cette doctrine qu’il s’en sert très réglément à toutes les conséquences astronomiques. Que prendrons-nous de là, sinon qu’il ne nous doit chaloir lequel ce soit des deux ? Et qui sait qu’une tierce opinion, d’ici à mille ans, ne renverse les deux précédentes ? » (Essais II, 12, p. 308 folio).

     La question de la médecine homéopathique est plus que jamais remise en question au nom de la « vérité scientifique ». Jusques à quand ? Jusqu’à ce qu’on reconnaisse que la matière dont nous sommes faits est, comme toute matière, autant psychique que physique, jusqu’à ce que l’interdisciplinarité de la physique, de la psychologie et de la spiritualité parvienne à faire comprendre que la théorie d’un univers purement physique est intenable.

     En tout cas, la vérité scientifique occidentale actuelle ne cohère pas avec la Vérité de l’Éternel Amour qui ne cesse d’agir dans l’univers (cf. Jean 5, 17), non pas mécaniquement et quasi physiquement par la parole comme a voulu le donner à penser le récit de la Genèse élaboré par la pensée sacerdotale, mais par l’esprit qui « ne cesse de renouveler la face de la terre » (Psaume 104, 30) comme l’a répété la pensée prophétique, celle du Prophète de Nazareth éminemment.

 

     les nuages les ciels pâles

     les grenouilles les grillons

     les sourires et les râles

     se mêlent au tourbillon

 

     il n’est de vraie certitude

     pour l’amoureux du silence

     que dans une multitude

     où les opposés font sens

 

     lorsque la terre et le ciel

     quand le serpent et l’oiseau

     lorsque le ventre et les ailes

     quand le fouet et le cerceau

     se parlent avec douceur

     se regardant en miroir

     parfois même avec fureur

     c’est la marche de l’espoir

 

     c’est la loi des tourbillons

     où l’univers en sa course

     prépare des réveillons

     pour les moutons et les ours

 

 

18 mai 2019

     La transdisciplinarité est un combat nécessaire pour établir l’équilibre dans notre culture plus diurne que nocturne, plus encline à la séparation qu’à la confusion, alors que l’une et l’autre inclinations doivent être dépassées dans la quête de la Vérité essentielle et donc aussi dans la recherche des vérités multiples qui s’y relient.

    La Vérité essentielle, celle dont a parlé le prophète de Nazareth comme de sa raison de vivre (Jean 18, 37), est celle de l’Être de l’être comme Amour de pure Altérité. Cette Vérité entraîne la Liberté essentielle, qu’il a promise aux consciences qui en sont (Jean 8, 32).

     Au niveau cosmique, cette liberté s’appelle indétermination, dont le nom habituel est hasard, et cette indétermination joue avec la détermination des forces cosmiques fondamentales identifiées comme attractives et répulsives (philia et neïkos). C’est cette indétermination qui permet depuis l’origine de l’univers la diversification des éléments chimiques, des espèces végétales et animales, des cultures humaines.

     Lorsqu’on reconnaît dans l’Éternel Amour promoteur des libertés dans la Vérité la cause de la diversité des espèces et jusqu’à la diversité des personnes qui les fait toutes uniques en leur eccéité, on reconnaît aussi que les diverses réalités minérales, végétales, animales, humaines s’entre-tiennent.

     Cet entre-tien est celui de la non-séparation et de la non-confusion  qui préside à notre relation spirituelle avec l’Éternel Amour, mais aussi, par participation, à notre relation avec tous les êtres de l’univers, de notre terre, de nos sociétés, y compris de nos réalités politiques.

     Si un idéal doit construire notre marche européenne, c’est bien celui de cette diversité dans l’unité de l’Altérité de l’Amour. Cet idéal invite à une recherche de l’équilibre dans la tension entre la séparation et la confusion, entre le nationalisme et l’internationalisme, pour les Français entre la France et l’Europe, pour les Européens entre l’Europe et les autres continents.

     On comprend l’importance de l’interdisciplinarité générale et son modus operandi dans l’Altérité. La recherche spirituelle ne peut ni s’isoler de la recherche politique, philosophique, scientifique, esthétique… ni s’y fondre. C’est ainsi, par exemple, qu’il n’y a dans l’Amour ni sacré ni profane, « ni circoncision ni incirconcision » et « vous êtes tous un » (Galates 5, 6). On peut aussi se rappeler le symbole de la Pentecôte où « ces gens-là ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il donc que nous les entendions chacun dans notre propre langue maternelle ? Parthes, Mèdes, Élamites, habitants de la Mésopotamie… » (Actes 2, 7ss)

 

 

     dans le champ de blé

     les coquelicots

     sont les calicots

     du grand défilé

 

     ils ne sont encore

     qu’un rêve éveillé

     où émerveillés

     s’avancent les corps

     ceux qui se côtoient

     en imaginant

     que c’est en gênant

     le nous et le moi

     le tout identique

     à qui tout de même

     celles ceux qui aiment

     donnent la réplique

 

     les coquelicots

     dans les champs qui saignent

     sont les porte-enseignes

     de l’armée éco

 

 

    

     

 

 

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