19 septembre 2019

     La théologie chrétienne est depuis son origine traversée par des courants divers d’interprétation de la Bible. L’Internet nous donne maintenant la possibilité d’en prendre connaissance. Cette diversité peut nous inciter à oser penser par nous-mêmes ce que tant de théologiens continuent d’élaborer. Il y a dans leurs écrits une telle multiplicité de visions inconciliables que l’on peut en venir au « que sais-je ? » de Montaigne face à la multiplicité philosophique des auteurs qu’il avait dans sa bibliothèque.

     Mais Montaigne continuait de prier tous les jours dans son oratoire et de croire en la grâce nécessaire pour s’élever de la nature à la surnature.

     Nous pouvons poursuivre nos ruminations pour tenter de nous élever comme Maître Eckhart  du Dieu auquel nous croyons à la Déité inconnaissable, de Gott à Gottleit.

     Nous pouvons aussi retourner à Augustin et à sa formule du Dieu « interior intimo meo » immédiatement suivie de « superior summo meo« , tentative de conciliation verbale de  l’immanence suprême et de la transcendance suprême, du non-autre et du tout-autre qu’aucune élaboration intellectuelle ne peut posséder, comprendre ni maîtriser, car Il échappe à la libido sentiendi, à la libido sciendi et à la libido dominandi.

     C’est cette Déité Voilée, YHWH d’essence inconnaissable (Ésaïe 45, 15. Exode 3, 14) que Jean appelle Amour et qui est inaccessible à l’intelligence mais accessible à l’Amour des autres dans la bienveillance inconditionnelle de la pensée pour tout être imaginé et dans la bienfaisance de l’action du serviteur pour tout être approché : « Qui Aime connaît Dieu. Qui n’Aime pas ne connaît pas Dieu » (I Jean 4, 8).

 

     le vent qui vole dans les plumes

     de l’herbe des pampas

     sait bien qu’il ne peut pas

     l’empêcher de viser l’infini qu’elles hument

 

     l’élan qui ne peut aboutir

     allume dans les yeux

     attirés  par les cieux

     une fraternité qui ne saurait mentir

 

     ce qui lance à la verticale

     surgissant des racines

     de la grande gésine

     en accomplissement du désir végétal

     par l’amour qui œuvre sans cesse

     est le renversement

     du désir de l’amant

     en cet éloignement où l’élan des renverse

 

     il est dans l’ordre que le vent

     qui vole dans les plumes

     de l’herbe qui s’allume

     l’oblige à résister pour aller de l’avant

 

 

 

 

    

    

18 septembre 2019

     On peut se convaincre que la désobéissance civile est une arme nécessaire pour défendre une juste cause au nom de l’Éternel Amour, mais on doit admettre qu’elle peut mener à des sanctions pénales dans la mesure où elle contrevient à une loi même injuste.

     À l’époque du service militaire obligatoire, il y a eu l’objection de conscience, le refus de porter les armes. En France, les premiers objecteurs ont été passibles de peines de prison, puis on les a tenus à un service civil, deux fois plus long que le service militaire…

     Le jugement de relaxe des décrocheurs de portrait du Président de la République pose question puisqu’il s’agit d’une attaque contre une personne, non contre une loi jugée injuste, même si cette personne est attaquée dans sa fonction symbolique. Il y a en tout cas matière à ruminer…

     Quid des lois de bioéthique, dont certaines sont déjà contestées et dont quelques autres sont en attente ? Un médecin, un chirurgien, peut opposer sa clause de conscience à la loi sur l’IVG, et cela sans qu’il lui en coûte.

     Quid des ingénieurs et des ouvriers qui fabriquent des armes utilisées actuellement au Yémen ? Cela soulève la question de la guerre juste et de la guerre injuste, voire de la résistance armée contre une occupation de son pays.

     Ce qui est sûr, c’est que l’Amour ose penser et n’accepte pas sans réfléchir les lois ni même les opinions régnantes. Les tenants de l’Amour s’y sentent tenus par une réflexion collective et personnelle. Nul/le ne peut s’en dispenser en se référant à un gourou, ni même aux consignes d’une autorité religieuse ou politique.

     L’Amour invite à rechercher la vérité et pratiquer les actions qu’elle induit dans les divers domaines de l’existence.

     L’Amour invite à penser autant avec le cœur intuitif qu’avec la raison réflexive. On peut penser avec Pascal que « nous connaissons la vérité non seulement par la raison, mais encore par le cœur » et aussi que « Dieu est sensible au cœur non à la raison » (Pensées, éd. Sellier 142, 680, p. 467), non aux raisonnements des sages et des intelligents, sophôn kaï sunetôn, mais à l’intuition des gens ordinaires, des petites gens.

     (Malheureux les rationalistes qui méprisent l’intuition, malheureux celles et ceux qui semblent même ne plus savoir ce que c’est, qui ont oublié leur petite enfance.)

 

 

     le ciel est pur la lune

     avance sa paupière

     pâle dans le bleu pâle

     plus ouverte qu’hier

     dans cette mer étale

     où les pièges cumulent

 

     y rechercher la rose

     voilée sous la pâleur

     nue dans ce ciel immense

     où la lune est en pleurs

     est la quête du sens

     caché de toutes choses

 

 

 

    

    

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