19 octobre 2017

     Nos scientifiques sont encore loin d’avoir trouvé l’énigme de l’univers en son évolution, et c’est accorder à leur science une foi aveugle de croire qu’à elle seule elle finira bien par le faire.

     Notre science occidentale est tout intellectuelle, fondée sur les mots et les chiffres, qui ne sont que des vagues à la surface de l’océan. (Cette image n’est d’ailleurs qu’approximative et donc trompeuse si l’on cherche à l’expliquer).

     La mathématique, la physique et la chimie sont incapables de rendre raison de la vie, de son apparition et de son évolution créatrice, et en réalité de la matière elle-même. C’est une illusion de croire qu’elles finiront par la comprendre. La vie, comme le temps, comme la beauté… sont inexplicables. Et dire que l’eau est un liquide incolore de formule H2O ne nous dit que peu de chose sur sa véritable nature. Nous pouvons en avoir une intuition, la connaître en son essence, mais nous ne pouvons pas l’expliquer en mots et en chiffres, en équations, et nous ne le pourrons jamais.

     Cela vaut d’abord pour la vie spirituelle. Ce n’est pas par l’intelligence et la science que le fils de l’homme a découvert que l’Éternel est Amour. « Ces choses (tauta) demeurent cachées aux sages et aux intelligents (sophôn kaï sunetôn) » (Luc 10, 21).

     Nous pouvons nous réjouir, exulter comme le fils de l’homme parce que « ces choses » sont accessibles aux tout-petits (nêpioï). Cependant le mot tauta (pluriel de autos, ce) est lui-même imprécis. Il réfère dans ce texte à une réalité inexpliquée et cependant accessible à celles et ceux qui n’utilisent pas l’intelligence mais l’intuition (l’empathie, la connaturalité), celles et ceux qui sont « de la Vérité », qui « ont des oreilles pour entendre ». C’est ainsi que, plutôt que de les comprendre, on connaît les réalités spirituelles, et par extension, dans la généalogie de l’Évolution, les autres réalités telles que la matière, le temps, l’espace, la vie…

     La physique, que ce soit l’astrophysique ou la physique quantique, sont bien sûr, loin d’être inutiles. Elles sont nécessaires mais non suffisantes dans notre relation au cosmos, au vivant, à l’humain… 

 

     terre te souviens-tu

     lorsque les feuilles tombent

     de ce jour où la bombe

     explosa impromptu

 

     toute prête déjà

     à te donner naissance

     que la durée du sens

     en toi se prolongeât

 

     tu pourrais ne pas être

     ou être différente

     ne pas être l’amante

     de cet être ô grand être

     que le ciel étoilé

     et le sens du devoir

     donnent à l’homme de voir

     en son cœur constellé

 

     terre donc n’oublie pas

     en songeant aux ancêtres

     de ne pas te démettre

     de leurs tout premiers pas

 

 

 

 

 

18 octobre 2017

     La diversité indéfinie du vivant sur notre planète, celle même de l’espèce homo dans ses buissonnements et ses extinctions au cours des quelques millions d’années qui nous précédés, voilà qui donne matière à penser. Entre autres questions, on peut aborder celle de l’action de la cause première sur les multiples chaînes de causes intermédiaires.

     Certains penseurs, les Stoïciens, dit-on, le génial mathématicien Pierre Simon marquis de Laplace (1749-1827) en tout cas, ont cru au déterminisme absolu des causes s’enchaînant avec une rigueur qui permettrait à une intelligence au fait de la situation actuelle du cosmos et de tout ce qui le constitue en son histoire de savoir tout ce qui s’est passé et tout ce qui se passera dans l’univers.

     Ce n’est après tout qu’une mouture matérialiste de l’omniscience divine indissociable de son omnipotence. Les théologiens qui croient leur dieu unique tout-puissant ne peuvent manquer de le croire aussi tout-connaissant.

     L’intuition de Yeshoua de Natsèrèt ne confirme pas cette croyance. Le « dieu » qui lui est venu à l’idée en communion avec son être le plus intime n’est pas à l’image des potentats de la Terre (Luc 22, 27). S’il invite celles et ceux qui « participent à sa nature divine » (II Pierre 1, 4) à se voir comme des servantes et des serviteurs aimants, c’est qu’il s’est vu ainsi lui-même en conformité avec son « père » éternel. C’est évidemment une révolution théologique. En principe car le christianisme s’est empressé de reprendre le courant de la théologie de la puissance, quitte à y ajouter l’amour du prochain comme soi-même déjà connu, et qui n’est que le fruit de la sagesse des nations.

     Si nous trouvons en nous-mêmes ce que nous voyons dans l’Évangile, comme Montaigne trouvait en lui-même ce qu’il voyait en Platon (Essais I, 26, p. 224 folio), alors nous sommes prêts à repenser la relation causale des êtres finis avec l’Être de l’être infini. Écartant la théologie de la toute-puissance divine, nous écartons aussi celle de l’omniscience divine, et cette inconnaissance jette une lumière sur l’action inspiratrice de l’Esprit aux dépens d’une action manipulatrice de la Parole.

 

     la feuille morte au bout du fil

     tourne tourne jusqu’à ce que

     le fil si tordu qu’immobile   

     fasse un élégant tête-à-queue

 

     la force enfin au bout du même

     un bref instant se fige et lance

     l’inverse comme amour et haine

     son autre s’entredonnent sens

 

     cependant la feuille surprise

     en sa chute qu’inévitable

     l’automne en elle tout éprise

     lui accorde si charitable

     avec le fil de l’araignée

     alors pour elle en lui figure

     ce qui ne cesse de régner

     sur le passé et le futur

    

     tourne tourne dans cette danse

     avec tes sœurs universelles

     pour la terre cherchant son sens

     dans le souffle de l’éternel

 

 

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