18 septembre 2018

     Luc n’a-t-il qu’imaginé la scène où Yeshoua prêche dans la synagogue de Natsèrèt, provoquant la colère des assistants au point qu’ils veulent le liquider ? (Luc 4, 16-30)

     Cette colère, ce rejet est en tout cas le rejet de l’essence même du témoignage du Fils de l’homme déjà pressenti par les prophètes Élie et Élisée. Élie va au secours d’une veuve étrangère alors qu’une famine frappe autant Israël que la région de Sidon (I Rois 17, 8-24) et Élisée guérit un Syrien lépreux plutôt que les lépreux d’Israël (II Rois 5, 8-14).

    C’est ce souci de l’autre, de l’étranger, de l’ennemi potentiel, qui constitue le témoignage du Fils de l’homme à la Vérité de l’Amour Éternel. C’est cette même altérité positive qui pousse Yeshoua à s’adresser à la Samaritaine pour lui parler du dieu que l’on rencontre en esprit plutôt qu’ici ou là sur une terre prétendument sainte. Et lorsqu’on lui demande « qui est mon prochain ? » il prend l’exemple d’un Samaritain en l’opposant d’ailleurs à un prêtre et à un lévite (Luc 10, 31s), sachant qu’à l’époque les Juifs et les Samaritains ne pouvaient pas se voir.

     Ce qui fait l’identité de Yeshoua, ce n’est pas son appartenance à un peuple ni même à une famille (« qui est ma mère et qui sont mes frères ? » Marc 3, 33), mais l’Amour Éternel qui se soucie de l’autre quel qu’il soit, et qui a fait que des non-Juifs ont sauvé des Juifs au temps de la Shoa, qui maintenant se soucie des migrants dans la détresse autant que des concitoyens dans le malheur.

     Les consciences animées par cet Amour manifestent le même respect et la même tendresse pour ceux qui croient au ciel et pour ceux qui n’y croient pas. Elles servent leurs ennemis comme leurs amis, les méchants comme les bons et les injustes comme les justes (Matthieu 5, 45).

 

     cette odeur si reconnaissable

     où se baigne la vieille église

     est la chance que l’on relise

     les voyages à la sainte table

 

     ici pour l’œil rien en dérange

     cet axe de la symétrie

     autour de quoi tout se construit

     sous l’œil immobile des anges

 

     le fanal au coin de l’autel

     au tabernacle donne sens

     signalant qu’au cœur du silence

     naît le secret de l’immortel

     d’ailleurs présent en toute chose

     où l’amour serviteur quelconque

     à disposition de quiconque

     à la conscience se propose

 

     mais ici la croix redoutable

     règne sur la très vieille odeur

     imposant aux cœurs sa douleur

     en soumission incontournable

 

 

 

 

17 septembre 2018

     Quelle identité pour Yeshoua de Natsèrèt ?

     La croyance en la divinité du Fils de l’homme en a fait nécessairement un dieu dès sa conception, conception perçue comme un acte de puissance : « La puissance du Très-haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra sera appelé fils de Dieu » (Luc 1, 35).

     Emmanuel Carrère, dans Le Royaume, a mené une enquête sur les récits des évangiles, sur celui de Luc surtout, et il a cru y détecter une extraordinaire fabulation, dans la scène de l’Annonciation en particulier.

     On peut se demander cependant si dans sa quête tâtonnante de la foi il ne s’est pas trompé de cible, de sujet, fouillant le personnage de Jésus, son histoire et finalement  son identité.

     Nous pouvons, en pensant au Fils de l’homme disant que son témoignage de la Vérité est le sens de son existence (Jean 18, 37), cesser de nous interroger sur cette identité: Fils de Dieu ou pas Fils de Dieu au sens chrétien de deuxième personne de la Sainte Trinité, quelle importance ? En se présentant essentiellement comme témoin, il nous a fait détourner notre regard de sa personne.

     Et ce détournement, ce désintérêt pour l’identité du Fils de l’homme, est cohérent avec la Vérité dont il a témoigné, la Vérité de l’Amour, qui est souci de l’autre et non de soi, mise au rancart du « moi haïssable » afin de vivre pour les autres. Et aussi abandon de l’idée d’un dieu tout-puissant capable de s’incarner et puis de ressusciter. L’Éternel Amour ni ne s’incarne ni ne ressuscite, il inspire les consciences qui l’accueillent.

 

     lorsque sur cette brindille

     demoiselle tu te poses

     peut-on dire que tu oses

     choisir ce qui te titille

 

     tu t’envoles et puis reviens

     après quelques arabesques  

     quelques fugitives fresques

     au départ qui te retient

 

     est-ce pour dire ce qu’est

     au milieu de cet espace

     sans mesure ni sans face

     ton aventure risquée

     où l’instinct de l’équilibre

     face à la nécessité

     de ton utile beauté

     te permet de rester libre

 

     tu fais ce qu’ose ton être

     sans te demander raison

     au terme de la saison

     où s’accomplit ton paraître

 

 

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