posts du 1 juillet, 2018


1er juillet 2018

     Intentio lectoris ? Que poursuit une lectrice un lecteur en abordant un texte ? On peut penser que son intention, son but, est différent selon la nature du texte, scientifique, littéraire, informationnel… On ne lit pas un poème comme on lit une recette de cuisine… Et l’intentio lectoris est censée dialoguer avec l’intentio auctoris et l’intentio operis.

     Une lectrice un lecteur devrait prendre conscience que sa lecture n’est pas « innocente », « objective ». L’intentio lectoris joue un rôle jusque dans les textes philosophiques, voire scientifiques.

     Les écrits de Copernic ont d’abord été différemment reçus par celles et ceux qui étaient imbus de la théologie cosmique de l’époque et par celles et ceux chez qui cette théologie n’engendrait pas une conviction sacrée et qui étaient ouvertes à la nouveauté scientifique.

     La philosophie de Schopenhauer a été boudée à une époque où Hegel attirait la masse des intellectuels… À ses débuts Bergson ne faisait pas salle comble pour ses conférences.

     Le matérialisme psychique a de nos jours encore bien du mal à prendre pied dans un monde occidental imbu de matérialisme physique.

     L’intentio lectoris a cependant un enjeu plus fondamental, celui qui se joue entre l’humain premier et l’humain dernier. Nous n’en sommes généralement pas conscientes, mais nous abordons les textes, comme naturellement, pour les comprendre, c’est-à-dire pour les posséder, les dominer, les faire nôtres, selon l’optique du monde-kosmos (I Jean 2, 16). Dans la mesure cependant où nous nous laissons inspirer par l’Éternel Amour, selon l’humanité dernière, nous cessons peu à peu de lire pour nous-mêmes et notre enrichissement intellectuel, esthétique, spirituel… et commençons à lire pour l’autre, pour communier à l’autre intuitivement.

     C’est au moins une question que nous pouvons nous poser lorsque nous lisons, prenant et gardant conscience de notre intention de lecture. Lorsqu’il s’agit de textes sacrés ou sacralisés par l’épistémè où nous évoluons, notre intention devrait s’éclairer à la lumière de l’Esprit, en lectio divina, par la présence à l’Éternel Amour.

 

     ils s’amusaient à lire le nuage

     l’une d’elles y voyait une bête sauvage

     un autre imaginait une tortue

     remuant disait-il sa tête tordue

 

     une autre affirmait qu’à n’en pas douter

     il s’agissait en fait d’un arbre étêté

     dont une branche doucement agitée

     signalait un message à conforter

 

     fallait-il alors lancer la discussion

     pour apporter des justifications

     aux unes aux autres interprétations

     du jeu des belles imaginations

 

     quelle leçon leur donnait le nuage

     en modifiant sans cesse ses ramages

     au gré du souffle où nul ne peut prévoir

     ce que tout un chacun peut se donner à voir

    

 

 

 

 

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