posts du 7 juillet, 2018


7 juillet 2018

     On ne peut comprendre les religions que les unes par les autres dans leurs filiations, leurs parentés, leurs relations.

     On doit d’abord observer que les monothéismes, dont la pluralité même est un signe de leur incertitude, sont établis chacun dans la conviction de sa vérité, en opposition aux convictions des autres. Dès le judaïsme d’ailleurs on trouve une pluralité de courants difficiles à accorder entre eux sauf à demeurer insensible à l’incohérence.

     Se penchant sur les textes des deux premiers chapitres de La Genèse, les exégètes y ont identifié plusieurs sources, à savoir « la source yahviste, parce que cette source, la plus ancienne (X°  XI° siècle) appelle Dieu Yahvé, élohiste (un peu plus récente : elle utilise le nom Élohim, « Dieu »), sacerdotale (la plus récente; œuvre des prêtres, elle insiste sur le culte et la Loi) et deutéronomique (cette source se trouve presque exclusivement dans le livre Deutéronome). Ajoutons, cependant, que pour la critique vétérotestamentaire contemporaine, l’analyse textuelle est plus complexe et plus nuancée » (Mircea Eliade, Histoire des croyances et des idées religieuses, I. De l’âge de la pierre aux mystères d’Éleusis, 1978, p. 175, note 1).

     Une bonne connaissance de l’histoire des religions permet d’identifier dans la sienne comme dans celles des autres les sources de leurs différences et de leurs ressemblances.

     « Beaucoup d’éléments religieux cananéens ont été assimilés par les Israélites », observe Mircea Eliade (op. cit., p. 174) « … on emprunte aux Cananéens le système rituel, les sites sacrés et les sanctuaires ; la classe sacerdotale s’organise d’après les modèles cananéens ; enfin les prophètes, qui ne tarderont pas à réagir contre la suprématie des prêtres et contre le syncrétisme de la fertilité sont, eux aussi, le produit d’une influence cananéenne. Et pourtant, les prophètes se réclament du plus pur yahvisme… » (p. 198).

     On comprend mieux alors ce qui a opposé le Fils de l’homme prophète aux prêtres qui, en bonne logique de leur pouvoir, ont fini par le liquider. Parmi les signes de cette opposition, on peut noter la réponse de Yeshoua aux Pharisiens qui l’accusent d’impureté rituelle parce qu’il mange avec les collecteurs d’impôts et les pécheurs : « Allez donc apprendre ce que signifie, « je désire la miséricorde et non le sacrifice » (Matthieu 9, 10, 13. Osée 6, 6).

     Les sacrifices, censés être un héritage cananéen dans la religion juive, ont été adoptés par le christianisme, qui a réussi, merveilleuse imposture, à faire de l’assassinat du prophète Yeshoua le sacrifice volontaire de lui-même d’un grand-prêtre, fondant ainsi « le saint sacrifice de la messe », qui nie l’Amour Éternel en Lui attribuant le désir de sacrifices en son nom.

     Si l’on reconnaît que l’Être de l’être éternel est Amour dans ses implications, on voit dans l’Amour le critère de valeur de toutes les religions (et de toutes les philosophies). C’est dans la mesure où un/e croyant/e Aime qu’elle/il est capable entrer en dialogue avec les croyant/es d’autres religions (et d’autres philosopies), en ignorant leurs credo opposés.

 

     il avait souvent vu sa mère

     égorger des poulets    le sang

     jaillissait alors en un instant

     de cruelle beauté dans la lumière

 

     et c’était un instant de pur silence

     pour la bête mourante    sans un cri

     elle se débattait pourtant donnant l’envie

     de la voir lentement perdre conscience

 

     en lui sombrement hésitait

     le désir de la mort     et puis

     comme un regret d’être surpris

     dans l’acte de nécessité

     dont il avait pris l’habitude

     en simple participation

     avec sa mère à cette action

     banalisée en certitude

 

     et maintenant ce souvenir

     banal d’une enfance normale

     le baigne de la lumière animale

     du sang d’un instant à venir

 

 

laptitedevoreusedelivres |
Le point du jour n'aura pas... |
escapade |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les lectures d'une maman ...
| Atelier Ecrire Ensemble c&#...
| Au fil des mots.