posts du 9 juillet, 2018


9 juillet 2018

     S’est-on demandé pourquoi l’évangile de Jean ne disait rien de ce que la théologie chrétienne appelle l’institution de l’eucharistie en se fondant sur les textes communs des évangiles synoptiques (Matthieu 26, 26s. Marc 14, 22ss. Luc 22, 19s) ?

     Jean Iohanân était pourtant le disciple le plus proche de Jésus Yeshoua, il était « le disciple que Jésus aimait » (Jean 13, 23. 21, 20). S’il n’a pas mentionné le « ceci est mon corps… ceci est mon sang », jugé si important dans l’Église qu’il est le cœur du « sacrifice de la messe », c’est, peut-on conjecturer, qu’il s’agit d’une parole apocryphe justement inventée afin de donner un fondement à un rite fascinant pour la psyché des contemporains, celui de Mithra par exemple.

    Le geste de son ami que Jean donne solennellement comme le signe de son amour parfait (« il les aima en perfection, eis télos êgapêsen autous« ) est le geste du lavement des pieds (Jean 13, 1-5). C’est un geste de serviteur, voire d’esclave, et c’est celui que pratiquent des vrais disciples du Royaume à l’exemple de « celui qui sert à table » (Luc 22, 27. Jean 13, 14s), « serviteurs ordinaires, normaux, inutiles, douloï akhreioï » (Luc 17, 10).

     Mettre ces choses en évidence au nom de l’Amour seul digne de foi, c’est évidemment s’exclure de la « Sainte Église », se ranger parmi les hérétiques. La réponse ici de l’hérétique du XXIème siècle, c’est de conjecturer que seul l’Amour peut sauver l’Église d’un naufrage déjà commencé. Est-ce envisageable ? L’Amour dissout le credo d’une théologie établie dans les premiers temps, celle d’une « grande crainte, phobos mégas » (Actes 5, 11) héritée de la religion mosaïque. L’Amour est d’ailleurs au-dessus de tous les credo et il est le seul  critère de leurs diverses vérités.

 

     il te fallait servir une dernière fois

     à table mais d’abord

     en ce geste si fort

     que l’on se demandait si c’était vraiment toi

 

     la poussière des rues qui salissait les pieds

     devait être lavée

     et tu t’étais levé

     pour ôter ta tunique et mettre un tablier

 

     ta tête alors emplie de ton moi éternel

     avec tes mains rimait

     et le mot qui aimait

     sans être prononcé par tes lèvres mortelles

     coulait comme un murmure avec l’eau ordinaire

     puisée au  puits profond où la Samaritaine

     naguère t’avait vu

     lui dire à son insu

     la parole de vie où se dissout la haine

 

     il faudrait bien longtemps pour qu’enfin quelques-unes

     des âmes connaissant

     entrent avec ton sang

     et ton corps dans l’esprit où les choses sont une

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

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