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10 juillet 2018

     « Fraternité : nouvel horizon juridique.

     Le Conseil constitutionnel vient de reconnaître à la fraternité le statut de principe à valeur constitutionnelle. Après la liberté, l’égalité et la dignité, la « parente pauvre » (Mona Ozouf) de la devise républicaine accède à la plénitude juridique. » Ainsi s’enthousiasme Jacques Le Goff. Et il cite, en excipit de son éditorial, Fraternités de Jacques Attali qui déclarait la fraternité « la principale force qui entraîne le monde. » (ouest-france du 9-7- 2018)

     La fraternité-sororité fait partie des droits-devoirs humains universels : « Tous les humains naissent libres et égaux en droits et en dignité… et ils doivent se comporter les uns avec les autres dans un esprit de fraternité. »

     Fraternité. Qu’importe le mot (que certaines féministes contestent, mais sororité serait tout aussi sexiste). C’est un concept opératoire qui ressemble étrangement à l’agapè dont Jean dit qu’elle est divine puisque l’Éternel est Agapè (I Jean 4, 8). Il faut bien qu’elle soit éternelle si l’on admet l’intuition des idées éternelles de Platon, ou tout simplement les implications du principe de causalité.

     On peut aussi se demander si le mot « empathie », apparu en français il y a une cinquantaine d’années en calque de l’anglais empathy utilisé depuis plus longtemps en critique littéraire en traduction de l’allemand Einfühlung, ne nous parlerait pas le mieux actuellement de cette altérité positive qu’est l’Amour.

     C’est cette empathie de la « fraternité » qui fait que le Bon Samaritain est ému en ses entrailles par le spectacle du blessé au bord de la route de Jéricho. C’est elle qui pousse actuellement certaines fleurs de l’humanité à recueillir les migrants en danger, à les aider, s’il le faut malgré la loi. Cependant le « délit de solidarité » vient d’être remis juridiquement en question par « la liberté d’aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national. » Si le devoir de fraternité de la Déclaration universelle des droits humains en devient moins périlleux, il n’en est que plus pressant.

 

     au beau miroir de ta cervelle

     le moineau venait picorer

     et ce qui sous tes yeux pleurait

     te rejoignait à tire-d’aile

 

     c’était lui et puis c’était toi

     comme si entre vous quelque ange

     sans qu’il te demande pourquoi

     vous favorisait les échanges

 

     tu étais donc oiseau et plus encore

     lorsqu’un visage étrange

     dans les abîmes de ton corps

     éveillait ce qui soudain dérange

     le monde quotidien et ses affaires

     quand la première chair

     s’efface et laisse le passage

     à un tout autre que le sage

 

     le moineau picorant la terre

     de ta cervelle y découvrait

     en toutes choses le cœur vrai

     où l’éternel révèle son mystère

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