14 juillet 2018
14 juillet, 2018 @ 6:40 Liens

     Selon la thèse fondamentale de Sigmund Freud résumée dans la petite phrase « là où est le ça viendra l’ego », il existe une opposition entre ces deux principes de l’être humain. Chez Thomas Mann au contraire, explique Joseph Campbell, on trouve « énormément de ça, mais aussi beaucoup d’ego » (The Mythic Dimension, p. 271). Et cette explication est celle du dynamisme de l’existence telle qu’elle apparaît dans la pensée hindoue et bouddhiste qu’a reconnue C.G. Jung.

      Il résulte de ce dynamisme de l’ego vers le ça une certaine « sympathie avec la mort », que l’on peut découvrir et exprimer dans un autre langage, celui du Fils de l’homme: Tout humain y est invité à passer de la chair à l’esprit, du monde de la possession, de la compréhension et de la domination (I Jean 2, 16) au Royaume éternel.

     La pensée asiatique traditionnelle voit dans le soi l’intime du moi et elle fait de l’accès au soi le but de l’existence, impliquant la mise en veilleuse, puis la disparition du moi. « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous » (Luc 17, 21) peut se lire comme une invitation à chercher l’Éternel Amour comme l’intimissime de notre être, l’ »intimior intimo meo » d’Augustin, et aussi peut-être cette étrange décréation dont a parlé Simone Weil : l’accès au soi intime, à l’Éternel, implique une disparition du moi.

     Tout cela peut nous paraître flou, incompréhensible même, mais il s’agit moins de comprendre intellectuellement que de connaître spirituellement, selon la connaissance de l’Éternel que propose Jean : « Qui Aime connaît Dieu, car Dieu est Amour. et qui n’Aime pas ne connaît pas Dieu » (I Jean 4, 7s).

     Il est certain en tout cas qu’une conscience qui Aime passe de la peur animale de la mort à un désir ardent du baptême dernier de la mort (Luc 12, 50). On conçoit d’ailleurs que pour un matérialiste physique tel que Nietzsche, cette aspiration à un au-delà soit un non-sens…

 

     sur les chemins de l’impossible

     l’immobile propose

     au centre de la cible

     l’épanchement de notre rose

 

     pourquoi vas-tu par les chemins

     chercher ce qui t’attend

     au fond de ton jardin

     où ton âme inquiète se tend

 

     c’est de là qu’au cœur de la nuit

     naît ce qui murmure

     mûrit   et puis

     se répand au-delà des murs

     dans les cités et les campagnes

     sur les bons et sur les méchants

     en un unique chant

     de feu qui partout s’offre et gagne

 

     il suffit donc d’enfin oser

     rechercher l’impossible

     au jardin indicible

     où se propose la rosée

 

-alter
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