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17 juillet 2018

     On peut trouver pleine de sens la pluralité des utilisations du mot « personne ». Outre celle d’individu, de moi, d’âme, de conscience, il y a celle des personnes grammaticales : je, tu, il, elle, nous, vous, ils elles (à quoi certaines langues ajoutent un duel qu’on peut, lui aussi, juger significatif). Et puis il y a le sens d’absence que le rusé Ulysse utilise pour tromper Polyphème à l’œil unique : « Aucun être humain (négation de quelqu’un », « pas une âme » (ou pas un chat). Ambigu d’ailleurs puisque, sans négation, il peut signifier quelqu’un : « Vous le savez mieux que personne = quiconque » (Le Petit Robert). Sans oublier l’étymologie qui dit qu’une personne est un masque.

     Alors pourquoi ne pas essayer ces sens pour la « personne » de l’Éternelle ? On peut se rappeler l’intuition de Moïse pour qui l’Éternel n’a pas de nom alors qu’en langue biblique le nom est l’expression de la personne (Genèse 3, 13s). Un philosophe pourra conclure que l’essence de l’Éternel est tout entière dans son existence, « Je Suis », mais qu’est-ce que l’existence d’une non-essence ? Cela ressemble au néant. Il pourra aussi parler de plénitude de l’être, éternel et infini, dont « le centre est partout et la circonférence nulle part », plus intime que l’intime et plus immense que l’immense.

     Ainsi s’expliquerait en retour la personne humaine dernière par « la participation à la nature divine, théias koïnônoï phuseôs« , échappant à sa personnalité première sujette à la concupiscence convoitise du monde, en tô kosmô en épithumia » (II Pierre 1, 4), à son « moi haïssable ».

     Dans cette perception de l’être, nous pouvons remercier « l’athéisme purificateur » dont parle Simone Weil (La pesanteur et la grâce, pp 131s). Et aussi et même davantage l’athéisme qui nie l’existence historique du Fils de l’homme et en fait un mythe fondateur du christianisme. Ce n’est en effet pas la personne de Yeshoua qui importe, mais son intuition-message de la Vérité dont il a témoigné (Jean 18, 37). Un témoin s’efface devant ce dont il témoigne. Le Fils de l’homme, en tant que témoin de la Vérité de l’Être de l’être, à savoir de l’Agapè, Altérité positive essentielle, s’efface, s’en va : « il est bon pour vous que je m’en aille » (Jean 16, 7).

     Le christianisme, dont certains membres insistent pour dire qu’il est quelqu’un, c’est-à-dire Jésus l’homme-dieu, ce christianisme ne « connaît » donc pas la Vérité de l’Amour, ni nous-mêmes si nous faisons de l’Éternel le Père Tout-puissant et non l’Amour par essence anonyme (et d’un spirituel un gourou potentiel. Ainsi qui chercherait à savoir qui « se voile » derrière la Spiritualité de l’Altérité montrerait qu’elle il ignore ce dont cette spiritualité témoigne).

 

     deux rouges-gorges

     comptent leurs billes

     et l’or scintille

     parmi la forge

 

     avec les siens

     pour une aurore

     ces sans-mentor

     se font du bien

 

     écoute-les

     chanter la vie

     et l’épeler

     en cette envie

     qui fait le monde

     sans arrêter

     de se chanter

     au long des ondes

 

     à pleine gorge

     chante l’amour

     qui sans retour

     sans cesse forge

 

 

 

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