posts du 22 juillet, 2018


22 juillet 2018

     Le monothéisme ne reconnaît pas la bonté de la mort. Il en fait la conséquence du péché, l’œuvre du diable serpent qui a tenté Ève et Adam en faisant miroiter devant leurs yeux le fruit illusoire d’une immortalité divine (Genèse 3, 4s).

     Le Livre de la Sagesse (absent de la Bible protestante) avalise cette ignorance de la bonne mort : « Dieu n’a pas fait la mort… par l’envie de Satan la mort est entrée dans le monde. Dieu a créé l’humain pour l’incorruptibilité » (Sagesse 1, 13, 2, 23s). Et Paul a poursuive cette avalisation : « Par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la mort, et ainsi la mort s’est propagée à tous les hommes, parce que tous ont péché » (Romains 5, 12). « Par l’homme la mort est venue… En Adam tous meurent… Christ doit régner jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds… le dernier ennemi, c’est la mort » (I Corinthiens 15, 21s, 25s).

     L’espérance de la croyance des chrétiens, c’est que le Christ a vaincu la mort en ressuscitant charnellement : c’est ce que propage la scène de Thomas mettant « le doigt sur les plaies et la main dans le côté » du « ressuscité (Jean 20, 27). La résurrection de la chair fait ainsi partie du credo chrétien, tout comme la croyance en la présence du corps du Christ dans l’hostie consacrée.

     Mais Yeshoua a parlé spirituellement et non charnellement. Il est censé avoir dit, « je suis la résurrection et la vie… qui croit en moi ne mourra jamais » (Jean 11, 25). Mais être ressuscité, c’est être, « comme les anges », des êtres spirituels (Luc 20, 36). « C’est l’esprit qui donne la vie, la chair n’est pas profitable » (Jean 6, 63).

     Le Fils de l’homme n’a pas vaincu la mort, il a vaincu la peur de la mort. La mort n’a pas à être vaincue, elle fait partie de l’ordonnancement du cosmos. On le voit un peu mieux maintenant dans un phénomène que la biologie a mis du temps à identifier et étudier, l’apoptose, l’autodestruction programmée dans l’ADN du vivant pour les cellules individuelles et, par implication, pour tout organisme vivant.

     Le post-humanisme qui prétend pouvoir allonger la vie humaine indéfiniment est une utopie scientifique, mais aussi philosophique et psychologique. Notre mort physique doit être un accomplissement psychique et spirituel auquel il nous est profitable d’œuvrer. Le psychologue C.G. Jung a observé que la dernière partie de l’existence devait être un acheminement vers la mort. Il tenait cette sagesse de son étude de l’inconscient associée à la connaissance  d’une sagesse asiatique dont l’Occident pourrait faire son profit.

     Celles et ceux qui reçoivent au centuple en abandonnant toutes choses pour le Royaume (Matthieu 19, 29) comptent la réconciliation avec la mort physique parmi les biens qui leur sont donnés en partage.

 

     et toi libellule curieuse

     venue explorer le jardin

     qu’as-tu vu de si anodin

     dans sa lumière mystérieuse

 

     si tu me prêtais ton regard

     j’imagine que les espaces

     se trouveraient une autre face

     et enrichiraient mes égards

 

     mais surtout qu’as-tu ressenti

     parmi les odeurs de l’endroit

     de la mort des je-ne-sais-quoi

     qui sont à peine pressentis

     par l’intime que toutes choses

     échangent sans savoir la cause

     voilée dans la source de l’être

     que le désir est de connaître

 

     en retournant à ton destin

     tu as laissé dans l’air qui vibre

     le passage d’un esprit libre

     qui illumine le jardin

 

 

 

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