posts du 23 juillet, 2018


23 juillet 2018

      Nous n’en finissons pas de comprendre que les évangiles ne sont pas à comprendre, mais à connaître. Yeshoua était un prophète, et un prophète parle en meshalim, en paraboles, qui ne sont pas à décrypter intellectuellement comme le fait la théologie positive, mais à contempler.

     Ce sont des images. On peut ici retenir ce que Simone Weil disait de « la méthode pour comprendre les images, les symboles, etc. Non pas essayer de les interpréter, mais les regarder jusqu’à ce que la lumière jaillisse » (La pesanteur et la grâce, p. 238). Certes Simone Weil utilise le verbe « comprendre », mais c’est que les mots sont les mots : ils nous glissent souvent entre les doigts comme le savon dans la baignoire parce qu’ils ont presque toujours plusieurs significations. Elle ajoute, « d’une manière générale, méthode d’exercer l’intelligence, qui consiste à regarder » (ibid.) Ce fonctionnement de « l’intelligence » est en fait l’intuition bergsonienne, celle de l’empathie, de la communion aux êtres, de la connaturalité…

     Lorsque Yeshoua dit avant de disparaître dans la mort, « Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus; mais vous, vous me verrez parce que je vis et que vous vivez vous aussi. » (Jean 14, 19), on se pose la question : qu’est-ce que voir parce qu’on vit ? C’est abandonner la vision et la vie du monde, qui est désir de posséder, comprendre (oui, comprendre) et dominer les autres en altérité négative (I Jean 2, 16).

     « Le monde ne me verra plus », car le monde l’a vu selon son désir et non selon l’Amour, charnellement et non spirituellement avec « l’Esprit de vérité que  le monde ne peut recevoir parce qu’il ne Le voit ni ne Le connaît » (ibid.). Car pour Le connaître, il faut Aimer puisqu’Il est Amour et qu’on Le connaît en participant à son être : « Qui n’aime pas ne Le connaît pas, car Dieu est Amour » (I Jean 4, 8).

     Faut-il rappeler la sagesse du Petit Prince de Saint-Exupéry ? « L’essentiel est invisible aux yeux… Les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le cœur. »

 

     tu l’as vu sous le figuier

     en percevant des odeurs

     peut-être un peu de fumier

     de sourires et de pleurs

 

     mais tu as senti en fait

     cette odeur imperceptible

     qui nous met le cœur en fête

     lorsqu’il a trouvé sa cible

 

     c’est ce parfum que l’on voit

     doucement flotter autour

     d’une chair dont l’esprit boit

     anonyme dans l’amour

     l’eau vive des profondeurs

     de l’abîme si intime

     de l’être que s’y devine

     la lumière du bonheur

 

     regardant avec ton cœur

     tu as vu sous le manguier

     celui qui depuis cette heure

     te réjouit tout entier

 

laptitedevoreusedelivres |
Le point du jour n'aura pas... |
escapade |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les lectures d'une maman ...
| Atelier Ecrire Ensemble c&#...
| Au fil des mots.