posts du 25 juillet, 2018


25 juillet 2018

     Le christianisme a un problème avec la sexualité. Michel Onfray l’attribue à Saint Paul et à son « écharde dans la chair » (II Corinthiens 12, 7) qu’il interprète comme son problème personnel avec ladite sexualité. C’est sans doute aller vite en besogne, dis-moi comment tu interprètes et je te dirai qui tu es *

     Cependant le monothéisme du Père Tout-puissant, dont Paul est resté un inconditionnel sur de nombreux points, est une religion patriarcale et donc fatalement sexiste. C’est ainsi que dans la Bible la femme est considérée comme une possession de l’homme : « Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur ni sa servante, ni son bœuf ni son âne » (Exode 20, 17).

     Il existe une Pensée de Pascal qui donne sur cette question matière à penser : « Ce n’est pas la bénédiction nuptiale qui empêche le péché dans la génération, mais le désir d’engendrer des enfants à Dieu, qui n’est point véritable que dans le mariage… ainsi les filles de Loth, par exemple, qui n’avaient que le désir d’enfants, étaient plus pures sans mariage que les mariés sans désir d’enfant » (Pensées, éd. Sellier 591).

     Voilà qui dit clairement que le désir et le plaisir sexuels sont des péchés pour le christianisme, y compris dans le mariage, s’ils ne sont pas liés au programme du « soyez féconds, multipliez-vous » (Genèse 1, 28) prescrit par un Tout-puissant apparemment jaloux de sa mâle autorité. Mais l’Amour nous donne à penser que tous les plaisirs offerts aux humains par la nature sont conformes à l’altérité de l’Éternelle. Un peu de bon sens fait d’ailleurs comprendre que sans Eros l’espèce humaine, tout comme les espèces animales sexuées, ne seraient jamais apparues ni ne pourraient se perpétuer.

     Ce que Michel Onfray et bien d’autres ne voient pas cependant, c’est que Eros joue un rôle provisoire dans l’itinéraire d’une conscience humaine invitée à sortir du « monde » pour entrer dans le Royaume où la chair n’est plus « profitable » (Jean 6, 63). Mais le christianisme, dont Pascal est le témoin ordinaire, ne comprend pas non plus cette dynamique spirituelle de la conscience humaine. Il met la charrue avant les bœufs.

 

* L’affaire Benalla est ces jours-ci un bon exemple du conflit des interprétations, et les interprètes les plus virulents qui la disent faire rire toute la planète pourraient se demander si ces rires ne les concernent pas, eux aussi. Si d’ailleurs elle fait rire les suiveurs de l’altérité négative, elle fait soupirer les serviteurs de l’altérité positive.

 

     a-t-elle offert sa chevelure

     la terre où les éteules

     riment avec les meules

     en conclusion de l’aventure

 

     car le grain qui s’en est allé

     loin de la nourricière

     n’a laissé en poussière

     qu’une surface désolée

 

     le soc déjà est revenu

     cependant et l’espoir

     en son temps de revoir

     ouverte en  jouissance nue

     la chair de la terre immortelle

     offerte à ses amants

     afin que ses enfants

     découvrent l’amour éternel

 

     l’an prochain à Jérusalem

     verra au pied du mur

     s’annoncer chevelure

     la moisson de tout ce qui l’aime

 

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