posts du 26 juillet, 2018


26 juillet 2018

     On ne peut reprocher à Pascal de ne pas avoir fait des évangiles la lecture que nous en proposons : il est resté fidèle à celle que  lui imposait l’Église, et sous sa forme la plus rigoureuse, celle des jansénistes plutôt que celle des jésuites, qu’il jugeait moralement laxiste.

     Pourtant quelques-unes de ses Pensées, qu’il n’a pas eu le temps d’organiser et éventuellement de corriger et nuancer, nous sont précieuses pour discerner certaines failles de la doctrine chrétienne.

     Le rigorisme sexuel lié à une image patriarcale de l’Éternel lui fait exprimer des vérités étonnantes, proches de l’hérésie. Il lie la « pureté » des filles de Lot (incestueuses) à la « contrition » d’une conscience repentante et « l’impureté » d’une conscience qui fait l’amour par plaisir à celle qui reçoit le sacrement de pénitence sans véritable repentir :

                   « Ce n’est pas la bénédiction nuptiale qui empêche le péché dans la génération, mais le désir d’engendrer des enfants à Dieu, qui n’est point véritable que dans le mariage. Et comme un contrit sans sacrement est plus disposé à l’absolution qu’un impénitent avec le sacrement, ainsi les filles de Loth, par exemple, qui n’avaient que le désir des enfants, étaient plus pures sans mariage que les mariés sans désir d’enfant » (Genèse 19, 30-38). (Pensées éd. Sellier 591).

     L’intérêt de cette comparaison, c’est qu’elle minimise la valeur des sacrements et maximise le rôle de la conscience. Pascal n’ose pas nier la valeur des sacrements, cette négation en ferait un hérétique, mais il n’en est pas loin. Il est en cela proche de l’Évangile où la rémission des péchés, quoi qu’en disent les chrétiens comme les témoins de la scène, n’est pas le fait du Fils de l’homme mais celle de l’Amour : « Ses nombreux péchés lui sont pardonnés parce qu’elle a beaucoup aimé » (Luc 7, 47). Les témoins de cette remise des péchés l’ont attribuée à la puissance de Dieu dont le Fils de l’homme aurait usurpé le pouvoir (Marc 2, 7). Ils n’ont pas compris le sens de ses paroles tout comme ils ne l’ont pas compris lorsqu’il a dit qu’il fallait naître de nouveau (Jean 3, 3s) ou lorsqu’il a demandé que l’on mange sa chair et que l’on boive son sang (Jean 6, 52-60).

     L’Église est convaincue que Dieu lui a donné par Jésus-Christ le pouvoir de remettre les péchés par le sacrement de pénitence tout comme celui de « purifier » l’acte sexuel par le sacrement de mariage. C’est ainsi qu’elle assure son emprise sur les consciences en leur imposant sa croyance. Mais cette doctrine est infidèle à l’Évangile.

     La Vérité de l’Amour est qu’il fait passer de la chair inutile à l’esprit qui donne la Vie. Qui Aime se pardonne ses péchés en pardonnant ceux des autres par Amour : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi, mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs offenses, votre Père ne vous pardonnera pas non plus » (Matthieu 6, 14s). L’automaticité de ce pardon donne à penser que « le Père éternel » n’est pas un être personnel comme le pourrait être un humain, mais l’Amour éternel au-delà du personnel et de l’impersonnel en sa cohérence, tout comme l’acte sexuel est appelé à participer à l’Amour éternel.

 

     le tronc du peuplier

     mû insensiblement

     par les branches pliées

     dans les rythmes du vent

     parle à l’oreille nue

     appuyée à l’écorce

     et lentement émue

     aux beautés de sa force

 

     car elle est pétrie toute

     d’une même harmonie

     de ses pieds à la voûte

     et jusque dans le nid

     qu’un oiseau attentif

     à la voix maternelle

     en réponse à l’appel

     a bâti instinctif

 

     ce nid qui se balance

     au souffle qui le grise

     communique sa transe

     à cette oreille éprise

 

 

   

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