posts du 29 juillet, 2018


29 juillet 2018

     La multiplicité des sens du mot « esprit » signe notre incertitude des êtres et des choses auxquelles elle nous invite. Au départ, ce mot est étymologiquement physique (« spiritus : 1° Souffle, air agité, vent, exhalaison, parfum (fleur). 2° Souffle, haleine, respiration… » Dictionnaire Latin-Français Hatier). Le souffle est certes, impalpable, invitant donc à une utilisation symbolique, mais l’Occident moderne le comprend le plus souvent dans un sens matériel, y compris dans la pratique d’un yoga importé réduit à sa dimension physiologique.

     On trouve cela chez Descartes avec ses « esprits animaux qui sont comme une flamme très pure et très vive qui montant […] du cœur dans le cerveau, […] donne le mouvement à tous les membres ». Le matérialisme scientifique moderne a mené ce « comme » à son terme en le faisant disparaître au profit de L’homme neuronal (Jean-Pierre Changeux).

     Les traditions des diverses cultures perçoivent dans le souffle la figure d’une réalité non physique. Pour elles, les esprits sont des êtres immatériels, incorporels : les dieux des polythéistes et le dieu des monothéistes sont des esprits. Et il existe dans la plupart des religions des gens inspirés : shamans, devins, pythies, sibylles et les prophètes de la Bible…

     Mais « esprit » a aussi des utilisations philosophiques, théologiques, intellectuelles… avec une multiplicité de sens et de nuances dont les incertitudes, les malentendus et les méprises nous invitent à la prudence. C’est un monde où la vérité nous échappe. Pilate a résumé la situation par ces mots que les gens de tous bords aiment à citer, « qu’est-ce que la vérité ? » (Jean 18, 38) et Pascal a suggéré son « Que sais-je ? ».

      Il est en tout cas une vérité qui, au contraire de bien d’autres, ne peut diviser ni opposer les consciences jusqu’à l’hostilité la plus destructrice et la plus meurtrière, c’est celle dont le Fils de l’homme s’est présenté comme le témoin (Jean 18, 37), celle de l’Amour Agapè qui n’exclut aucun être ni aucune chose.

     Cet Esprit de l’Amour, dont nous ne pouvons saisir l’être intellectuellement, nous est rappelé quotidiennement sous la figure des souffles, celui que nous inspirons et expirons comme celui des vents qui animent la nature… Tous nous invitent à invoquer l’Esprit d’Aimer pour en vivre.

 

     celles qui marchent dans le vent

     vivent l’ivresse des corbeaux

     et de la liberté d’en haut

     pour ce qui va se soulevant

 

     ceux que l’existence a cassés

     et dont les jambes déjà mortes

     sur le sol plus jamais ne portent

     rêvent de pouvoir s’élancer

 

     la chance des hautes voltiges

     est de se trouver dans l’espace

     à ne plus connaître la face

     lorsque disparaît le vertige

     évanoui dans l’air qu’inspire

     la chair jusqu’en la profondeur

     de ses os et que la douleur

     se dissipe lorsqu’elle expire

 

     cette pensée vient aux marcheuses

     tout absorbées dans la grand vent

     dont les esprits vont s’élevant

      et pour qui l’abîme se creuse

 

laptitedevoreusedelivres |
Le point du jour n'aura pas... |
escapade |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les lectures d'une maman ...
| Atelier Ecrire Ensemble c&#...
| Au fil des mots.