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30 juillet 2018

     On trouve chez Samuel Coleridge une perception des correspondances des sens dans l’interrelation des forces cosmiques secrètement animées par l’unique Esprit de l’Éternel:

                      Le Voile de l’Esprit

     O Beauté, en un beau corps parée

     Corps ! Ce voile de clarté s’éclaire

     Nuage clair, plutôt que de te voir

     Par toi nous voyons la Lumière !

 

Ainsi l’Éternelle Beauté, la Lumière et ce qu’elle éclaire dans les beautés sensibles sont un dans l’œuvre permanente de l’Esprit qui s’y voile-dévoile.

     Toute beauté, celle d’un nuage, celle d’un visage, celle d’une fleur, celle d’un oiseau, celle d’une voiture, celle d’une vêture… sont la présence d’Aimer à l’intime de tout être. Nous pouvons exulter avec Elle et avec tout ce qu’elle rend admirable.

     Sans doute faut-il, pour découvrir et vivre ces messages de l’Éternelle, nous départir du désir qui possède, comprend, domine, de ces yeux qui ne voient pas, de ces oreilles qui n’entendent pas, de ce cœur qui ne sent pas. Plus nous nous rapprochons du Royaume en abandonnant Eros et Thanatos, plus nous sommes en mesure de découvrir les merveilles de l’univers.

     Sans doute pouvons-nous aussi alors percevoir la présence active de l’Esprit en nous comme les notes de la brise dans la harpe éolienne de Coleridge :

 

     … nombreuses les images légères

     Traversant mon cerveau indolent et passif

     Folles variées comme ces rafales

     Qui enflent et palpitent sur le luth assujetti

     Et si toutes choses en la nature animée

     N’étaient que des Harpes vivantes diverses

     Frémissant de pensées au passage d’une Brise

     Unique plastique et vaste intelligence

     Âme de chacune et Dieu de toutes …

 

Coleridge sait que cela ressemble à du panthéisme comme le lui donne à comprendre sa compagne de son regard réprobateur qui l’invite à « marcher humblement avec mon Dieu ». Cela va bien pourtant au regard des prophètes inspirés qui veulent « l’Amour et non les sacrifices » (Osée 6, 6), l’Amour qui veut toutes choses belles et qui s’y voile-dévoile.

 

     la pluie vient caresser la dalle de granit

     dévoiler son éclat dans la lumière

     son œil horizontal tourné vers le zénith

     lui renvoie son message et son mystère

 

     car la surface cache et dit la profondeur

     du semblable et du même s’associant

     à l’innombrable unique dans son cœur

     par milliards réunis en leurs moi inconscients

 

     aussi vertigineux que l’abîme infini

     l’intime brévissime en  leur extase

     appelle les cœurs purs à voir le nid

     où les œufs de l’esprit en leur première phase

     élaborent la chair comprise en la coquille

     rêvant déjà au royaume aérien

     où les milliards dans les ténèbres brillent

     cristaux de quartz éclos du vide rien

 

     les granites secrets dans la masse anonyme

     appellent la lumière des surfaces

     sortant des œufs pour éclairer sublime

     le voile illuminé de l’éternelle face

 

 

 

 

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