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31 juillet 2018

     « Ils ont des yeux et voient pas, des oreilles et n’entendent pas, un cœur et ne sentent pas ». Nous pouvons nous demander en quoi nous sommes concernés. Faut-il être prophète pour reconnaître l’image de ce que nous sommes et que nous proposons aux autres ?

     Reconnaître l’Amour fait reconnaître ce qu’il n’est pas, la domination d’Eros et Thanatos (de Philia et Neïkos) sur nos pensées et nos actes. L’Amour fait prendre conscience de notre comportement, de notre vie plus ou moins régie par le « monde, par le désir de la chair, le désir des yeux et l’orgueil de la vie », par « la libido sentiendi, la libido sciendi et la libido dominandi ».

     Ainsi l’Amour nous donne-t-il de « voir » que se dénuder est par nature, que nous en ayons conscience ou non, une invitation érotique. C’est un acte qui participe du « monde », de son organisation, de la dynamique du cosmos. Ce n’est donc pas une question morale au sens où les monothéismes interdisent et condamnent au nom d’un dieu père castrateur. Ce n’est pas une question de pudeur et d’impudeur. C’est une question de conscience psychologique plutôt que de conscience morale, de perception de ce que nous ressentons et donnons à ressentir.

     Une femme qui montre ses belles jambes le fait-elle pour inviter à un sentiment esthétique, voire pour révéler la Beauté éternelle ? On peut douter que ce soit souvent le cas. Elle devrait cependant savoir qu’elle éveille Eros dans le regard des hommes, que ceux-ci en soient plus ou moins conscients eux-mêmes.

     De même un homme qui exhibe ses muscles…

     Non qu’Eros soit mauvais, ni Thanatos. Ils appartiennent à cette animalité dont tant d’Occidentaux modernes se revendiquent à juste titre. En langage biblique, on dira  qu’ils appartiennent à la condition du Premier Adam, de la Première Ève, qui demeurent en nous jusqu’à notre mort, mais que nous sommes invitées à maîtriser pour passer à celle du Dernier Adam, de la Dernière Ève. D’abord en maîtrisant Eros et Thanatos en nous-mêmes, selon la Règle d’Or, selon le « ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse », « aime ton prochain comme toi-même ». Pascal dirait, « tire de la concupiscence des règles admirables » pour ta vie sociale.

     Il est bon ensuite de reconnaître que nous sommes conviées à passer de la Concupiscence à la Charité (Pensées, éd. Sellier 460, 243s…)

     C’est selon cet Amour que nous sommes invités à nous vêtir, non en fonction de nous-mêmes mais en fonction des autres, non pour nous-mêmes mais pour les autres.

     Les parents d’une jeune fille, voire d’une très jeune fille, devraient savoir ce qu’ils font en laissant / faisant montrer ses jolies jambes à leur enfant, par exemple dans une soirée où rôdent de possibles prédateurs sexuels habités par un Eros et un Thanatos non maîtrisés.

 

     le drap de lit défait est un massif

     montagneux en beauté

     et tout n’est que replis descriptifs

     secrets de volupté

 

     c’est le regard sans doute qui s’attarde

     sur ce que dit la chair

     lorsque éprise de ce qu’elle regarde

     elle s’en fait la paire

 

     l’étoffe en liberté cependant chante

     la force de l’esprit

     à la recherche de ce qui la hante

     dans le monde incompris

     par ce qui veut comprendre et posséder

     cette chose impalpable

     dont la réalité n’est jamais concédée

     qu’à l’inimaginable

 

     le drap que l’on récrit chaque matin

     en langage de prose

     porte en son âme chance d’un destin

     amoureux de la rose

 

 

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