10 décembre 2018

     Il y a trois ans, Laudati Si’ invitait à ne pas séparer justice sociale et justice écologique. D’autres voix appellent aujourd’hui à cette association, ne serait-ce qu’en se souciant à égalité de la fin du mois et de la fin du monde.

     Dans l’un et l’autre souci, celui des humains en danger de misère et celui des vivants en danger d’extinction, le meilleur moteur de l’action est l’Amour Éternel à laquelle son Esprit  nous invite, nous encourage et pour laquelle il nous propose son aide.

     Cependant l’esprit d’association, de coopération, de solidarité devrait inspirer toute l’activité humaine, y compris l’activité intellectuelle, l’activité politique, scientifique, culturelle, artistique, sportive… Laudato Si’ y a invité à sa manière: « Nous avons  besoin d’une politique aux vues larges, qui suive une approche globale intégrant dans un dialogue interdisciplinaire les divers aspects de la crise » (op., cit. § 197). C’est que la crise écologique est une crise qui affecte directement ou indirectement à des degrés divers ce qui touche à toute notre culture et à toutes les cultures. C’est pourquoi, entre autres soucis, « elle (l’écologie) exige qu’on fasse attention aux cultures locales… en faisant dialoguer le langage scientifique et technique avec le langage populaire » (ibid., § 143).

     Interdisciplinarité des diverses sciences, transdisciplinarité du sacré et du profane, Laudato Si’ part d’une intuition où le religieux se préoccupe de  la vie matérielle comme de la vie spirituelle, de la « chair inutile » spirituellement comme de l’Éternel Amour qui l’anime de son Esprit.

     L’Éternel Amour présentissime « dans le secret » à tous les êtres nous invite à nous préoccuper de tous dans le présent et dans l’avenir du « monde ».

 

     une rose affronte l’hiver

     le regard haut la mine fière

     sachant que rien ne peut tuer

     celle qui lui a dit tu es

 

     car c’est le souffle seul qui compte

     qui inspire ce que raconte

     chaque printemps afin que dure

     l’histoire de notre nature

 

     en son visage s’associent

     l’intuition et l’intelligence

     la technique et la poésie

     afin qu’en elle trouve sens

     l’âme unique de notre terre

     et de notre ciel tout entier

     que les forces de l’univers

     soient un non-autre familier

 

     rose qui hante tout l’envers

     rose que chante notre avers

     dans nos cœurs et sur nos visages

     fais de nous des amants des sages

 

 

 

9 décembre 2018

     L’athéisme matérialiste est aussi irrationnel que le spiritualisme judéo-chrétien qu’il traite de superstition. Comment cela? En négligeant le principe d’identité selon lequel « ce qui est, est, et ce qui n’est pas, n’est pas », dont résulte immédiatement le principe de causalité selon lequel « ce qui n’est pas ne peut pas produire ce qui est », le non-être ne peut pas produire de l’être.

     Concrètement, exemplairement, les propriétés physiques de l’eau ne peuvent être produites physiquement par un oxygène et un hydrogène qui ne possèdent pas ces propriétés. D’où viennent-elles alors? D’une dimension non-physique (et donc physiquement indétectable) de l’oxygène et de l’hydrogène. C’est cette dimension que l’on peut qualifier de psychique.

     Croire que le cosmos se crée lui-même continument dans un processus d’autocréation, d’auto-organisation et d’auto-complexification physique relève de cette irrationalité.

     On peut, au moins à titre d’hypothèse, attribuer cette illusion du matérialisme physique à la puissance, voire à la toute-puissance de la parole sur laquelle se fonde le mythe biblique de la création. On peut qualifier d’infox cette parole et les concepts qu’elle véhicule. C’est la même déification plus ou moins consciente de la parole qui par une bonne sophistique fait croire à l’athée que la matière physique se complexifie elle-même et produit de la pensée, et celle qui impose aux catholiques de croire que les paroles de la consécration de l’hostie pendant la messe changent sa nature de pain en la nature du corps du Christ.

     La beauté qui se manifeste dans la nature, et puis dans l’art, et que l’athéisme matérialiste physique attribue à des phénomènes purement physiques pourrait, elle aussi, donner à penser, à « oser penser » à l’irrationalité des convictions du matérialisme physique. Encore faut-il que ce matérialisme ne nie pas l’existence de cette beauté en en faisant une illusion, en l’attribuant à l’œil qui la regarde, comme par un curieux emprunt à un spiritualisme qui n’attribue aucune réalité au monde physique.

     « Ils ont des yeux et ne voient point, des oreilles et n’entendent point, un cœur et ne sentent point. »

 

     le souffle qui sur les eaux

     plane à jamais les anime

     de ces sentiments nouveaux

     qui désirent le sublime

 

     nulle oreille n’a jamais

     entendu son chant nul œil

     aperçu ses ailes mais

     tout apparaît sur le seuil

 

     la foule se renouvelle

     d’âge en âge plus futée

     et à chaque fois plus belle

     pour son âme en liberté

     de lui ouvrir les oreilles

     les yeux et d’abord le cœur

     reconnaissant les merveilles

     sans passion et sans rancœur

 

     le souffle qui dans la foule

     respire en son cœur intime

     est aussi le sang qui coule

     donnant la vie unanime

 

 

 

 

 

 

 

 

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