11 octobre 2018

    « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous, vous aussi. » (Luc 13, 5). Si l’on admet que cette parole est bien du Fils de l’homme, on peut/doit l’aborder selon son témoignage à la Vérité. Cette Vérité de l’Eternel Amour implique un non- interventionnisme dans les affaires du monde, dans l’aventure cosmique, si ce n’est par l’inspiration qui se confond avec l’accueil qui lui est réservé dans le jeu du hasard et de la nécessité, de l’indéterminisme et du déterminisme.

     C’est ainsi que l’Éternel Amour ne pardonne pas de l’extérieur comme nous pouvons le faire en paroles, mais que son pardon se confond avec le nôtre dans l’Amour (Aimer c’est, entre autres choses, être pardonné en pardonnant. Ne pas Aimer, c’est ne pas pardonner et donc ne pas être pardonné (Luc 7, 47s. Matthieu 6, 14s).

     Telle est la cohérence de L’Éternel Amour dans sa relation avec son autre, les univers et tous les êtres qui les constituent.

     Le Fils de l’homme ne dit pas « je vous ferai tous périr » comme le cavalier de l’Apocalypse (19, 11-16), ni non plus comme le dieu dont parle l’Épître aux Hébreux (10, 3) dans le style de Nahum (1, 2-5).

     Les choses se font selon leur logique existentielle. Si l’humanité semble bien désormais vouloir se suicider allégrement, comme le donne à penser l’observation scientifique, et qu’elle ne se décide pas à se « convertir », elle périra, et bien d’autres vivants avec elle.

     L’Amour n’y est pour rien, pas plus que dans le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 qui indigna et fit ricaner Voltaire, et pas plus que dans tous les ouragans et autres tsunamis. L’action permanente de l’Amour est celle de l’inspiration du temps créateur qui renouvelle la face de la terre et les cœurs qui l’accueillent en Aimant.

 

     mouettes désorientées

     votre nuée dans la clarté

     diffuse de ces grands nuages

     dont la confusion des grisailles

     dit le malaise des entrailles

     que me disent de vous les sages

 

     à force de vous regarder

     sans rien de moi sauvegarder

     aurai-je bientôt la surprise

     de partager dans le nuage

     d’inconnaissance en vous exquise

     la dilection sans nul visage

10 octobre 2018

     Difficile de trouver une image plus religieuse, plus sacrée, plus cosmique que celle criée par le prophète Nahum. On la retrouve cependant, presque intacte, dans le Livre de l’Apocalypse.

     Nahum: « L’Éternel est un dieu jaloux, il se venge. L’Éternel se venge, il est rempli de fureur. L’Éternel se venge de ses adversaires, il garde rancune à ses ennemis… L’Éternel marche dans la tempête, dans le tourbillon. Les nuages sont la poussière de ses pieds… les montagnes tremblent devant lui et les collines s’effondrent… (Nahum 1, 2-5).

     Telle est l’image proposée et il faut pas mal d’imagination pour en faire une image spirituelle.

     Apocalypse: Il y a ce cavalier vengeur et destructeur monté sur son cheval blanc, figure patriarcale: « Je vis le ciel ouvert, et voici qu’un cheval blanc apparut. Celui qui le montait s’appelle « Fidèle et Véritable », il juge et combat avec justice. Son nom est la Parole de Dieu (Verbum Dei, Logos tou Theou). Il portait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit: « Roi des rois et Seigneur des seigneurs ». De sa bouche sortait une épée tranchante pour frapper les nations. Il les dirigera avec un sceptre de fer et il écrasera lui-même le raisin dans la cuve à vin de l’ardente colère du Dieu tout-puissant » (Apocalypse 19, 11-16).

     Comment le christianisme peut-il garder ces écritures-là. Le Fils de l’homme n’est pas le Seigneur ni le roi tout-puissant coléreux et jaloux. Le Verbe-Logos introduit en prologue à l’évangile de Jean semble bien être d’une main étrangère à celle du « disciple que Yeshoua aimait ». Le Fils de l’homme est le serviteur, le servant qui sert à table et lave les pieds des autres, faisant ce qu’il voit faire à son « Père ». Ici encore sans doute une main étrangère, patriarcale, sacrée, cosmique, a voulu corriger : « Vous m’appelez Seigneur et Maître, et vous avez raison, car je le suis… (Jean 13, 13ss).

     Celles et ceux qui veulent entrer dans le Royaume de l’Amour ne répètent pas « Seigneur, Seigneur, ils font la volonté de Dieu », qui est Amour et non Toute-puissance (Matthieu 7, 21).

 

     rescapé de la tempête

     le papillon qui tient tête

     à la méchante bourrasque

     fait une dernière frasque

 

     est-ce ma dernière carte

     se dit-il pour que j’embarque

     sur le vaisseau de la vie

     et  y laisse mon envie

 

     il faudrait que j’accompagne

     l’autre avec lequel se gagne

     une suite d’inconnus

     comme l’ancêtre venu

     de ces dix mille aventures

     où du passé au futur

     s’accomplit l’œuvre de chair

     à qui se propose l’air

 

     la tempête est sans colère

     le souffle ne désespère

     où le papillon de l’âme

     vole en son ultime flamme

 

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