6 décembre 2018

     La lectio divina, lecture divine de la Bible, ne peut être ici reçue que comme la façon d’aborder les Écritures selon la Vérité de l’Amour seul digne de foi. Ce ne peut être la lectio divina traditionnelle qui est, du moins en partie, l’expression du dogme chrétien dont on pense ici qu’il est fondé sur une imposture, celle d’avoir fait du prophète Fils de l’homme un prêtre dieu incarné, crucifié et ressuscité.

    La lecture spirituelle de la Bible selon la Vérité est une lecture selon l’Esprit de Vérité qui donne la Vie (Jean 6, 63). Cela est cohérent. Contrairement à la lectio divina traditionnelle, elle ne vise pas à « une connaissance accrue du Christ » (Wikipédia) du Christ au sens du Christ Jésus, car Jésus Yeshoua s’est présenté comme un simple « témoin de la Vérité » (Jean 18, 37) et non comme la Vérité elle-même si ce n’est en mashal.

     Ce que l’on retient ici de la « méthode » de la lectio divina, c’est qu’elle n’est pas intellectuelle: « elle ne traite pas l’écriture comme des textes à étudier, mais comme la parole vivante… Ce n’est pas une analyse théologique, mais une vision avec le Christ comme la clé de leur sens » (op., cit.)

    C’est que Christ, Messie, Oint est un mot référant à l’Esprit de l’Amour Éternel et non à un personnage situé dans l’histoire et la géographie. Yeshoua a eu conscience de parler comme d’autres prophètes parce que « l’Esprit du Seigneur était sur lui et qu’il avait été oint par Lui » (Luc 4, 18). Il n’a pas parlé en son nom mais au nom du « Père », l’Éternel qu’il imitait sans cesse (Jean 5, 19. 12, 50). La lecture spirituelle de la Bible devrait se faire selon cet Esprit, sans aucune référence à un credo, dans une « attention sans mélange qui est prière », qui ne cherche pas à comprendre par la raison mais à connaître par le cœur. (cf. Simone Weil, La pesanteur et la grâce, p. 134).

 

     il y a dans les mots ici

     une musique que l’oreille

     qui ne s’est jamais endurcie

     et reste toujours en éveil

     trouve absolument réussie

 

     réussie n’est pas le bon mot

     mais c’est qu’il n’en existe pas

     qu’il n’existe que les grumeaux

     des sauces servies aux repas

     des gens qui se trouvent normaux

 

     car ce qu’ici il nous faut voir

     et ce qu’aussi il faut entendre

     ce sont des couleurs et des formes

     et des rythmes ni durs ni tendres

     que notre intelligence énorme

     ne peut jamais apercevoir

     dans son désir de tout comprendre

 

     c’est l’œil et l’oreille du cœur

     qui entend bruire la musique

     des sphères dont la profondeur

     dépasse celle du quantique

     chantant l’hymne à la joie d’amour

     que crée le compositeur sourd

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5 décembre 2018

     Si Jean a vu juste en détaillant le « monde » en trois « concupiscences » comme l’a interprété Augustin et comme l’ont lu certaines lectrices et lecteurs avec Pascal, il doit être profitable d’en tirer une compréhension réflexive et une connaissance intuitive.

     Le « désir des yeux », la « libido sciendi » dont Pascal a dit qu’elle avait fait une « secte » comme les deux autres, serait selon une note de Gérard Ferreyrolles, la « curiosité ». (Pensées, éd. Sellier 178, note 3), et cette curiosité aurait « fait le cartésianisme », tout comme la libido sentiendi aurait « fait l’épicurisme » et la libido dominandi le stoïcisme.

     Mais qu’est ici la curiosité et qu’est le cartésianisme? Quelle interprétation hasarder  qui ne serait pas aussitôt menacée par le « que sais-je? » de Montaigne?

     La sagesse du « monde » fait de nous des curieux, et qu’y aurait-il de mal à être curieux? La curiosité est le moteur de la recherche scientifique fondamentale, même si la recherche appliquée se nourrit surtout du désir de posséder et dominer.

     Il s’agit de savoir de quoi on parle: du « monde » ou du « Père »? Tout comme la chair qui lui appartient, le « monde » est inutile pour la vie éternelle mais utile pour la vie temporelle, sans compter qu’il est la carrière d’où l’on extrait les meshalim dont le Fils de l’homme prophète a fait un abondant usage.

     Cependant, « si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » et « le monde passe, et le désir aussi, mais qui fait la volonté de Dieu demeure à jamais » (I Jean,  2, 15ss).

     Il est profitable de lire avec « curiosité » les livres qui nous parlent du « monde », il est bon d’avoir soif de savoir. Mais les livres qui nous parlent du « Père », de la spiritualité, ne sont pas à lire avec curiosité ni le désir de comprendre, « désir des yeux », libido sciendi. Ils ne sont pas à lire avec la « raison », ils sont à lire avec le « cœur »: « Dieu sensible au cœur, non à la raison » (Pensées, 680, p. 467).

 

     prends et lis a-t-il cru entendre

     était-ce une voix dure ou tendre

     il n’en était pas vraiment sûr

     ni surtout dans quelle mesure

     son esprit y pouvait prétendre

 

     ce livre qui était la Bible

     pouvait-il être susceptible

     d’une lecture profitable

     pour l’intelligence capable

     de comprendre et saisir sa cible

 

     serait-il pour sa bouche un miel

     serait-il pour son ventre un fiel

     il lui fallait avec méfiance

     examiner ce qui fiance

     les mots à l’âme et la flûte au corps

     dans l’infinie bibliothèque

     où l’on ne peut signer un chèque

     en blanc à je ne sais quel livre

     qui risque de vous laisser ivre

 

     quelles oreilles pour entendre

     ce qu’il ne sert pas de comprendre

     mais qu’offre le cœur sans raison

     comme la rose en sa saison

     à la vie bonne que désire

     le souffle en ses moindres soupirs

   

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